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Agir ensemble : Répertoires et objets de l'action collective
Comprendre la diversité des formes d'engagement (vote, consommation engagée, militantisme) et l'évolution des enjeux de mobilisation, des conflits du travail traditionnels aux nouveaux mouvements sociaux.
Duree estimee : 20 min
Qu'est-ce qu'un répertoire d'action collective ?
Imagine que tu es mécontent de la cantine au lycée. Pour te faire entendre, tu vas probablement lancer une pétition ou faire un sit-in. Tu ne vas pas provoquer le proviseur en duel ni kidnapper le chef cuisinier. C'est cela l'intuition de base : selon l'époque et le lieu, on ne manifeste pas n'importe comment.
Le sociologue Charles Tilly a théorisé cela avec le concept de « répertoire d'action collective ». Comme un musicien de jazz qui connaît un nombre limité de morceaux mais peut improviser, les citoyens disposent d'un stock limité de moyens d'action (grève, vote, manifestation) jugés légitimes à une époque donnée.

Ce répertoire évolue avec l'histoire. On est passé d'actions locales et souvent violentes (émeutes, destruction de machines) à des actions nationales et autonomes. Aujourd'hui, la contestation est structurée, souvent organisée par des groupes spécialisés (syndicats, associations) et vise l'État ou les grandes entreprises.
Pourquoi se mobilise-t-on ? L'évolution des objets
Historiquement, l'action collective était dominée par les conflits du travail, dits « matérialistes ». L'objectif principal est le partage des richesses : augmentation des salaires, meilleures conditions de travail ou protection de l'emploi face aux licenciements.
Depuis les années 1970, on observe la montée des Nouveaux Mouvements Sociaux (NMS). Les revendications deviennent « post-matérialistes » (Ronald Inglehart). On se bat pour des valeurs, la reconnaissance d'une identité (droits LGBT+, féminisme) ou la qualité de vie (écologie), plus que pour l'argent immédiat.

Acteurs et nouvelles formes d'action
Les acteurs de l'action collective se diversifient. Si les syndicats restent centraux pour le travail, les partis politiques visent la conquête du pouvoir. Aujourd'hui, les associations, les ONG et les collectifs citoyens (groupements plus informels et éphémères) jouent un rôle majeur dans les nouvelles luttes.
Le répertoire s'enrichit aussi de la « désobéissance civile ». C'est le fait d'enfreindre la loi de manière publique, assumée et non-violente pour défendre une cause jugée supérieure. Le but n'est pas la délinquance, mais le réveil des consciences citoyennes.
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