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Le génocide des Tutsi au Rwanda (1994)

L'élève doit appréhender le contexte politique, idéologique et les mécanismes d'exécution de ce génocide. Il s'agit également d'identifier la notion de crime de masse contemporain et d'évaluer la réponse de la communauté internationale.

Duree estimee : 20 min

Le déclenchement et l'exécution du génocide

Au printemps 1994, un génocide organisé par l'État rwandais décime les Tutsi et les Hutu modérés en cent jours.

À partir du 6 avril 1994, suite à l'attentat contre l'avion du président rwandais, les extrémistes Hutu s'emparent du pouvoir. Dès lors, de véritables appels au meurtre sont lancés, ordonnant à une partie de la population d'éliminer ses propres voisins.

Le gouvernement extrémiste met alors en place une machine de mort à travers tout le pays. Des milices armées, soutenues par l'armée régulière et une partie de la population civile, pourchassent systématiquement les Tutsi. Les Hutu considérés comme modérés, qui refusent de participer aux carnages ou qui protègent des victimes, sont également assassinés.

La célèbre station Radio Mille Collines diffuse quotidiennement des messages de haine. Les animateurs donnent directement à l'antenne les noms, les plaques d'immatriculation et les adresses des personnes à tuer.
Attention à ne pas réduire ce drame à de simples violences locales ou à un mouvement de colère spontané de la foule. Il s'agit bien d'un génocide et d'un crime de masse, c'est-à-dire une extermination pensée, planifiée et encadrée par l'État.
Entre avril et juillet 1994, environ 800 000 à un million de Tutsi et de Hutu modérés sont massacrés avec une violence inouïe en seulement cent jours.

L'impuissance tragique de la communauté internationale

Face à l'ampleur des massacres, l'ONU et les grandes puissances se montrent incapables d'intervenir efficacement pour sauver les victimes.

Au début des années 1990, après la guerre froide, la communauté internationale espère que l'ONU garantira un nouvel ordre mondial pacifique. Face à la crise rwandaise, cette promesse échoue dramatiquement. L'ONU dispose bien d'une force de maintien de la paix sur place, la MINUAR, mais son mandat ne l'autorise pas à utiliser la force militaire pour arrêter le génocide.

Dessin simple : une carte géographique du continent africain délimitée par un trait noir. Le petit pays du Rwanda, situé vers le centre de la carte, est colorié en rouge vif. À côté de la carte, il y a exactement un casque de soldat peint en bleu clair avec les 3 lettres ONU peintes en blanc. Le casque est semi-transparent. Le fond de l'image est entièrement blanc.
Durant cette période de crise intense, le Rwanda se retrouve dramatiquement isolé sur le continent africain en raison de l'effacement des forces internationales.

Dès les premiers jours du génocide, après le meurtre tragique de dix casques bleus belges, l'ONU prend la décision de retirer la grande majorité de ses troupes. Le monde entier assiste aux massacres presque en direct par les journaux télévisés. Cependant, les grandes puissances refusent de s'engager fermement, craignant de s'embourber dans un conflit lointain.

Fin juin 1994, la France lance finalement une opération militaire et humanitaire nommée Turquoise, avec l'accord de l'ONU. Si cette intervention permet de créer une zone sûre et de sauver des vies, elle arrive très tardivement alors que l'extermination est déjà presque terminée.

La justice internationale face au crime de masse

Pour juger les grands responsables du génocide, la communauté internationale crée le Tribunal Pénal International pour le Rwanda.

Une fois les massacres terminés à l'été 1994, le Rwanda est un pays en ruine et profondément traumatisé. Pour éviter un cycle de vengeance, il est absolument indispensable de rendre la justice. L'ONU décide alors d'intervenir juridiquement pour tenter de pallier son inaction politique et militaire.

C'est ainsi que naît le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR). Installé en Tanzanie, ce tribunal spécial a pour mission de rechercher, d'arrêter et de juger les principaux responsables politiques, militaires et médiatiques du génocide. Cette démarche illustre une forte volonté de gouvernance mondiale par le droit.

Dessin en vue de face : une salle d'audience en bois sombre avec un grand bureau rectangulaire surélevé au centre. Derrière ce bureau sont assis exactement 3 juges vêtus de longues robes noires unies. Devant eux se trouve une petite table carrée en bois avec exactement 1 microphone noir posé dessus. Aucun autre personnage, fond uni beige clair.
Le Tribunal Pénal International pour le Rwanda a siégé de 1995 à 2015 pour juger les planificateurs du génocide.
Le bilan du TPIR est historique. Pour la toute première fois dans l'histoire judiciaire, un tribunal international a reconnu qu'un chef de gouvernement en exercice était coupable de génocide et l'a condamné à une peine de prison à vie.
Retiens bien que le TPIR s'est concentré uniquement sur les grands organisateurs du génocide. Pour réussir à juger les centaines de milliers de citoyens impliqués dans les tueries, l'État rwandais a dû recréer en parallèle des tribunaux de village traditionnels, appelés les tribunaux gacaca.
Le Tribunal Pénal International pour le Rwanda marque une étape décisive dans la tentative de justice mondiale et de lutte contre l'impunité.

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