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Le front de l'Est et la guerre d'anéantissement

L'élève doit comprendre les enjeux idéologiques et militaires de l'affrontement germano-soviétique. Il s'agit de maîtriser le concept de guerre d'anéantissement, caractérisée par une violence extrême et des crimes de masse ciblant civils et prisonniers.

Duree estimee : 20 min

L'opération Barbarossa et les enjeux idéologiques

A partir de juin 1941, l'Allemagne nazie attaque l'URSS avec un objectif radical qui dépasse la simple victoire militaire. En lançant l'opération Barbarossa, Hitler rompt le pacte de non-agression de 1939 et déclenche une véritable guerre d'anéantissement.

L'opération Barbarossa marque le début d'une guerre d'anéantissement motivée par l'idéologie nazie.

Cette invasion n'est pas une simple conquête territoriale, mais une guerre idéologique et raciale. Les nazis veulent détruire ce qu'ils nomment le judéo-bolchevisme, c'est-à-dire l'association dans leur esprit entre la communauté juive et le communisme soviétique.

L'objectif principal d'Hitler est de conquérir un espace vital à l'Est pour la race aryenne, en éliminant ou en réduisant en esclavage les populations locales.
Carte géographique simplifiée de l'Europe de l'Est. Trois grandes flèches noires épaisses partent de la gauche de l'image et pointent vers la droite en direction du territoire soviétique. Le fond de la carte est blanc, avec de simples contours noirs pour délimiter les territoires. Aucun texte n'est présent sur la carte.
Voici comment on peut se représenter visuellement cette offensive majeure vers l'Est.
Ne confonds pas cette offensive avec une guerre classique respectant les conventions militaires. Dès le départ, les ordres donnés aux soldats allemands les autorisent à agir avec une cruauté absolue contre les populations civiles et militaires, sans risquer de sanctions.

Une violence inouïe contre les militaires et les civils

Sur le front de l'Est, la violence atteint des niveaux jamais vus auparavant. L'idéologie nazie considère les populations slaves comme des sous-hommes, ce qui justifie toutes les atrocités. Les prisonniers de guerre soviétiques en sont les premières grandes victimes.

Plus de trois millions de soldats soviétiques faits prisonniers sont laissés mourir de faim, de froid ou d'épuisement au travail par les Allemands. Ils sont parqués dans des camps à ciel ouvert sans aucune infrastructure pour survivre.

Les civils ne sont pas épargnés par cette politique de la terre brûlée. De nombreux villages soviétiques sont entièrement incendiés et leurs habitants massacrés, souvent sous le prétexte de lutter contre les partisans qui résistent dans les forêts.

Militaires et civils soviétiques subissent des crimes de masse systématiques justifiés par le racisme nazi.

Le rôle du front de l'Est dans le processus génocidaire

L'attaque contre l'URSS marque le passage à l'acte du processus génocidaire contre les Juifs et les Tsiganes. L'historien Raul Hilberg a modélisé ce processus de destruction en quatre grandes étapes tragiques.

Les quatre étapes du processus génocidaire identifiées par Raul Hilberg sont la définition, l'expropriation, la concentration et enfin la destruction.
Quatre carrés alignés horizontalement de gauche à droite. Le premier carré est bleu, le deuxième est jaune, le troisième est orange, le quatrième est noir. Entre chaque carré se trouve une petite flèche noire pointant vers la droite. Le fond de l'image est entièrement blanc.
Ce schéma illustre la progression implacable de ces quatre étapes théorisées par Hilberg.

Sur le front de l'Est, on assiste directement à la phase de destruction. Juste derrière l'armée allemande, des unités spéciales appelées les Einsatzgruppen entrent en action. Ces escadrons de la mort ont pour mission d'assassiner systématiquement les Juifs, les Tsiganes et les cadres communistes.

Le massacre de Babi Yar en Ukraine, en septembre 1941, en est un exemple terrible. En seulement deux jours, plus de trente mille Juifs de la ville de Kiev sont conduits près d'un ravin et fusillés par les Einsatzgruppen.
Retiens bien que le front de l'Est a servi de laboratoire meurtrier. Les fusillades massives, aussi appelées Shoah par balles, constituent la première forme de destruction systématique des populations, avant même la mise en place des centres de mise à mort.

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