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Mécanismes de l'évolution : sélection et dérive

Distinguer la sélection naturelle (pression du milieu) de la dérive génétique (phénomène aléatoire). Comprendre comment ces mécanismes modifient la fréquence des allèles dans une population.

Duree estimee : 20 min

La dérive génétique : quand le hasard décide

Imagine un sac contenant des boules rouges et bleues en quantité égale. Si tu en pioches une poignée au hasard les yeux fermés, tu n'auras probablement pas exactement autant de rouges que de bleues. Le hasard fait que tu auras peut-être beaucoup plus de rouges. C'est le principe de la dérive génétique.

La dérive génétique est la modification aléatoire de la fréquence des allèles dans une population au cours des générations.

Dans la nature, tous les individus ne se reproduisent pas. Certains meurent par accident ou ne trouvent pas de partenaire, sans que cela soit lié à leurs gènes. Leurs allèles disparaissent donc de la population. Ce tri s'effectue totalement au hasard, qu'un allèle soit avantageux ou non.

Illustration en cours de conception

Voici comment le hasard peut modifier une population sur quelques générations.

La taille de la population joue un rôle crucial. Si la population est immense, la perte de quelques individus par hasard ne changera pas les proportions globales. En revanche, dans une petite population isolée, le hasard a un impact beaucoup plus fort et peut faire disparaître un allèle très rapidement.

Retiens cette règle simple : plus l'effectif d'une population est faible, plus la dérive génétique est forte.

La sélection naturelle : la pression de l'environnement

Passons à un mécanisme qui n'est pas dû au hasard. Imagine des souris claires et des souris foncées sur un sol de roche noire. Les souris claires sont très visibles et se font manger plus souvent par les prédateurs, tandis que les foncées se camouflent mieux.

C'est la sélection naturelle. L'environnement exerce une pression (ici les prédateurs) qui favorise les individus porteurs d'allèles avantageux. Ils survivent mieux et ont plus de descendants. Petit à petit, la fréquence de l'allèle avantageux augmente dans la population.

Illustration en cours de conception

Observons l'effet de la prédation sur la couleur des souris.

La sélection naturelle résulte de la pression du milieu et favorise les allèles donnant un avantage reproductif.
Attention, l'évolution n'a pas de but ! Les animaux ne décident pas de changer pour s'adapter. C'est simplement que ceux qui ont (par hasard) le bon allèle survivent et transmettent ce trait.

L'apparition de nouvelles espèces

Comment passe-t-on d'une simple variation d'allèles à une nouvelle espèce ? Tout commence souvent par un isolement. Si une population est coupée en deux (par une montagne ou un bras de mer), les deux groupes ne peuvent plus se reproduire entre eux.

Chaque groupe évolue de son côté sous l'effet de la dérive et de la sélection naturelle. Les différences génétiques s'accumulent au fil du temps. Finalement, les deux populations deviennent si différentes que la reproduction entre elles est impossible : une nouvelle espèce est née.

Schéma en 3 étapes verticales. Haut : Une population unique d'oiseaux bleus sur un continent. Milieu : Une rivière large sépare le continent en deux, isolant un petit groupe d'oiseaux à droite qui deviennent verts, tandis que ceux de gauche restent bleus. Bas : Les deux groupes sont très différents physiquement et ne se mélangent plus.
Voici comment une barrière géographique peut mener à deux espèces distinctes.
C'est la spéciation : la formation de nouvelles espèces par isolement géographique ou génétique.
Note bien que l'évolution n'est pas toujours un processus lent de plusieurs millions d'années. Sur des petites populations ou avec une forte sélection, des changements importants peuvent survenir très rapidement (quelques années).

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