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La définition biologique de l'espèce

Comprendre la définition de l'espèce fondée sur le critère d'interfécondité et la descendance fertile, ainsi que les limites de cette définition.

Duree estimee : 15 min

Se ressembler suffit-il ?

Intuitivement, on pense souvent que deux animaux appartiennent à la même espèce s'ils se ressemblent physiquement. C'est ce qu'on appelle le critère phénotypique.

Dessin réaliste ou photo détourée sur fond blanc : à gauche un minuscule Chihuahua beige, à droite un immense Dogue Allemand noir. Les deux chiens se regardent.
Regarde ces deux chiens : un Chihuahua et un Dogue Allemand. Ils sont morphologiquement très différents, et pourtant ils appartiennent à la même espèce.

Malgré leurs différences de taille, ils peuvent se reproduire entre eux. À l'inverse, deux oiseaux peuvent se ressembler comme deux gouttes d'eau mais appartenir à des espèces distinctes qui ne se croisent jamais.

Attention, la ressemblance physique ne suffit pas ! Le phénotype peut être trompeur. Il faut chercher un critère plus fiable : la reproduction.

La définition biologique précise

Pour les biologistes, deux êtres vivants sont de la même espèce s'ils respectent le critère d'interfécondité : ils doivent pouvoir se reproduire entre eux dans leur milieu naturel.

Mais ce n'est pas tout ! Pour valider l'appartenance à la même espèce, leurs petits (la descendance) doivent être fertiles, c'est-à-dire capables de se reproduire à leur tour.

L'âne et la jument peuvent se reproduire et donner un mulet. Mais le mulet est stérile (il ne peut pas avoir de petits). L'âne et le cheval sont donc deux espèces différentes.
Schéma simple sur fond blanc. À gauche un cheval, à droite un âne. Une flèche part de chacun pour se rejoindre au centre sur un petit mulet. Une croix rouge barre le mulet pour symboliser la stérilité.
Le croisement est possible, mais la lignée s'arrête immédiatement. C'est la preuve d'une barrière biologique entre les espèces.

Aujourd'hui, on utilise aussi l'analyse de l'ADN. Une très forte ressemblance génétique entre deux individus confirme souvent qu'ils appartiennent à la même espèce.

Une espèce regroupe des populations interfécondes dont la descendance est viable et fertile.

Diversité spécifique et intraspécifique

La biodiversité s'observe à plusieurs niveaux. Il ne faut pas confondre la diversité des espèces entre elles et la diversité au sein d'une seule espèce.

La diversité intraspécifique concerne les variations entre individus d'une même espèce (allèles différents). Exemple : les groupes sanguins ou la couleur des yeux chez l'humain.

La diversité spécifique désigne la variété des différentes espèces dans un écosystème. Exemple : la cohabitation entre les lions, les zèbres et les acacias dans la savane.

Astuce : le préfixe "intra" signifie "à l'intérieur". Donc diversité intra-spécifique = variations à l'intérieur de l'espèce.
Dessin vue de dessus de 4 coccinelles posées sur une feuille verte. Elles ont la même forme mais des couleurs différentes : une rouge à points noirs, une orange, une noire à points rouges, une jaune.
Ces coccinelles ont des motifs variés mais se reproduisent entre elles : c'est de la diversité intraspécifique.

Une définition avec des limites

L'espèce est un concept construit par l'être humain pour décrire et classer la biodiversité. Cependant, la définition biologique basée sur la reproduction a des limites.

Pour les organismes à reproduction asexuée (sans partenaire), comme les bactéries qui se divisent en deux, le critère d'interfécondité ne s'applique pas. On utilise alors plutôt l'ADN.

Pour les fossiles, impossible de vérifier s'ils pouvaient se reproduire ! On doit alors se baser sur la ressemblance morphologique (le squelette).

L'espèce est donc une définition provisoire et utile, mais qui peut varier selon les critères utilisés (reproduction, génétique, morphologie).

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