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L'industrialisation et la naissance du prolétariat

Comprendre le passage de l'atelier à l'usine grâce à la machine à vapeur et au charbon au XIXe siècle. Analyser la formation de deux nouvelles classes sociales antagonistes : la bourgeoisie industrielle et le monde ouvrier.

Duree estimee : 20 min

La machine qui a tout changé

Imagine que tu veuilles fabriquer une chaussure avant le XIXe siècle. Un artisan la faisait entièrement à la main, ce qui était long et coûtait cher. Une invention va tout bouleverser et transformer le monde.

Dessin pédagogique réaliste d'une machine à vapeur du 19ème siècle en laiton et fer noir. On voit une chaudière, un piston qui monte et descend, et une grande roue qui tourne, actionnée par la vapeur.
Le moteur de ce changement, c'est la machine à vapeur, perfectionnée par James Watt.

C'est le début de l'industrialisation. On passe de l'atelier artisanal à l'usine. Grâce au charbon qui chauffe l'eau, la machine à vapeur actionne d'autres machines (tissage, métallurgie) beaucoup plus vite et sans la fatigue humaine.

Retiens les deux phases : d'abord le charbon et la vapeur (textile, train), puis à la fin du siècle, l'électricité et le pétrole.

Des campagnes aux « pays noirs »

Les usines ont besoin de main-d'œuvre. Les paysans quittent leurs campagnes pour travailler en ville : c'est l'exode rural. Les villes s'agrandissent très vite, surtout près des mines de charbon.

Le paysage se transforme en « pays noirs ». Ce sont des régions industrielles sombres, couvertes de fumée, hérissées de cheminées d'usines et de terrils (montagnes de déchets de mine).

Peinture d'une ville industrielle du 19ème siècle. Au premier plan, des rangées de petites maisons en briques rouges identiques. En arrière-plan, trois grandes usines avec de très hautes cheminées crachant une épaisse fumée grise qui assombrit le ciel.
Voici à quoi ressemblait un paysage industriel typique du XIXe siècle.
Attention : toute l'Europe ne devient pas une usine d'un coup ! Au XIXe siècle, la majorité de la population reste rurale, même si les villes poussent comme des champignons.

Deux nouvelles classes face à face

Cette révolution crée deux groupes sociaux très différents. D'un côté ceux qui possèdent les machines et l'argent, de l'autre ceux qui travaillent.

La bourgeoisie industrielle domine. Ce sont les patrons d'usines, banquiers ou négociants. Ils possèdent le capital (l'argent, les usines), vivent dans le confort et cherchent à faire du profit.

Le prolétariat désigne les ouvriers. Ils ne possèdent que leur force de travail, qu'ils échangent contre un salaire souvent misérable. Ils vivent entassés dans des logements insalubres.

Image divisée en deux verticalement. À gauche : un salon luxueux avec une famille bourgeoise bien habillée buvant du thé. À droite : une famille ouvrière maigre dans une pièce sombre, mangeant une soupe autour d'une table en bois simple.
Le contraste entre ces deux modes de vie est immense.
Ne confonds pas les bourgeois avec les nobles. La noblesse tirait sa puissance de la naissance et des terres. La bourgeoisie tire sa puissance de l'argent et de l'industrie.

La vie difficile et la lutte pour les droits

La vie à l'usine est dure : pas de vacances, journées de 12h, bruit et dangers. Les enfants travaillent dès 8 ans car ils sont petits et agiles, ce qui choque peu à peu l'opinion.

Pour survivre, les ouvriers s'unissent. Ils font grève (arrêt de travail) pour réclamer de meilleurs salaires ou des journées plus courtes. Ils finissent par créer des syndicats pour défendre leurs droits.

En 1848, lors de la Révolution en France, les ouvriers se révoltent pour demander une République plus sociale. C'est un moment clé où la question ouvrière devient politique.
L'État finit par voter des lois sociales : droit de grève (1864), autorisation des syndicats (1884) et interdiction progressive du travail des jeunes enfants.

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