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Bourgeoisies marchandes et commerce atlantique

Maîtriser le fonctionnement des échanges commerciaux mondiaux au XVIIIe siècle, notamment le circuit du commerce triangulaire. Identifier les produits échangés (produits manufacturés, esclaves, denrées coloniales) et l'enrichissement des ports atlantiques.

Duree estimee : 15 min

De nouveaux produits sur la table

Nature morte peinture style XVIIIe siècle : une tasse de chocolat chaud fumante en porcelaine blanche posée sur une table en bois, à côté d'un sucrier en argent rempli de sucre blanc et de quelques bâtons de cannelle.
Imagine un petit-déjeuner riche au XVIIIe siècle.

Au XVIIIe siècle, les Européens prennent goût à des produits exotiques : sucre, café, cacao, coton. Mais ces plantes ne poussent pas en Europe, le climat y est trop froid.

Pour se les procurer, les royaumes européens organisent un immense commerce maritime avec l'Amérique. L'océan Atlantique devient alors le cœur de l'économie mondiale.

Au XVIIIe siècle, l'Atlantique est la zone majeure des échanges commerciaux.

Le commerce triangulaire

Ce commerce forme souvent un triangle. Les navires partent d'Europe chargés de produits manufacturés (tissus, armes, alcool, verroterie).

Carte schématique simple de l'océan Atlantique sur fond blanc. Une flèche bleue part de l'Europe vers l'Afrique. Une flèche rouge part de l'Afrique vers l'Amérique (Caraïbes/Brésil). Une flèche verte part de l'Amérique vers l'Europe. Les continents sont dessinés simplement.
Observe ce circuit en trois étapes.

En Afrique, ces marchandises sont échangées contre des captifs. C'est la traite négrière. Ces hommes et femmes sont ensuite transportés de force vers l'Amérique dans des conditions terribles.

En Amérique, les esclaves sont vendus. Les navires repartent alors vers l'Europe, remplis de denrées coloniales précieuses (sucre, café, cacao) produites grâce à leur travail.

Attention, il existe aussi le "commerce en droiture". C'est un aller-retour direct entre l'Europe et l'Amérique pour échanger des biens, sans passer par l'étape de la traite en Afrique.
Le commerce atlantique relie l'Europe, l'Afrique et l'Amérique.

L'économie de plantation

Pourquoi faut-il tant de main-d'œuvre en Amérique ? Pour faire fonctionner les plantations. Ce sont d'immenses domaines agricoles spécialisés dans une culture unique (monoculture) destinée à l'exportation.

Dessin pédagogique : un champ dense de hautes tiges de canne à sucre vertes (2 mètres de haut). Au premier plan, trois tiges coupées sont posées au sol.
La canne à sucre demande un travail intense.

Les esclaves africains fournissent la force de travail. Ils cultivent et transforment la canne à sucre ou le café. C'est ce travail forcé qui permet de produire en grande quantité pour l'Europe.

L'île de Saint-Domingue (future Haïti) était la plus riche colonie sucrière française grâce à ses milliers de plantations.

L'essor des ports et de la bourgeoisie

Ce commerce enrichit considérablement l'Europe. Les grands ports de la façade atlantique, comme Nantes, Bordeaux ou Liverpool, se transforment et s'embellissent.

Une nouvelle élite dirige ces villes : la bourgeoisie marchande. Elle regroupe les armateurs (qui équipent les navires) et les négociants (qui vendent les produits importés).

Façade d'un immeuble en pierre blanche du XVIIIe siècle (style classique), vue de face. Trois étages, grandes fenêtres avec des balcons en fer forgé noir. Le ciel est bleu.
Les riches marchands se font construire de luxueux hôtels particuliers.
Si tu visites Bordeaux ou Nantes, observe les façades ! Tu verras des mascarons (visages sculptés). Certains représentent des visages africains, traces de ce passé négrier.
Le commerce colonial et la traite ont fait la fortune de la bourgeoisie des grands ports européens.

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