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Contrôle social et processus de déviance
Analyser la déviance comme le produit d'un processus social de désignation et de stigmatisation (Howard Becker). Comprendre comment l'application de l'étiquette de déviant peut conduire à une carrière déviante.
Duree estimee : 20 min
Déviance et contrôle social
Imagine que tu viennes au lycée en pyjama. C'est interdit par la loi ? Non. Pourtant, tu sentirais une pression : regards moqueurs, remarques... C'est ce qu'on appelle le contrôle social.
La déviance est le fait de transgresser une norme acceptée par un groupe social. Pour faire respecter ces règles, la société exerce un contrôle. Il est « informel » (réprobation, sourire) pour les normes sociales, et « formel » (police, justice) pour les normes juridiques.
La déviance est relative dans le temps et l'espace. Ce qui est déviant ici ou aujourd'hui ne le sera pas forcément ailleurs. Par exemple, l'homosexualité était pénalisée en France il y a quelques décennies, alors qu'elle est une orientation acceptée aujourd'hui.

Le processus d'étiquetage
Prenons deux élèves qui bavardent. Le « bon élève » reçoit un sourire, le « perturbateur » est puni. L'acte est le même, mais la réaction sociale change tout. C'est le cœur de la théorie d'Howard Becker.
Pour Becker, la déviance n'est pas une qualité intrinsèque de l'acte (ce n'est pas l'acte en soi qui est déviant), mais le résultat d'une interaction. La société crée la déviance en posant des règles et en désignant ceux qui ne les respectent pas.

La carrière déviante
Une fois l'étiquette collée, l'individu est souvent stigmatisé. On se méfie de lui, on l'exclut des groupes « normaux ». Becker parle alors de « carrière déviante » pour décrire ce parcours.
Comme une carrière professionnelle, elle comporte des étapes : apprentissage de l'acte, étiquetage par la société, exclusion, et enfin intégration dans un groupe déviant organisé où l'on justifie ses actes.
Peut-on mesurer la délinquance ?
Pour mesurer la délinquance, on regarde souvent les statistiques de la police et de la justice. Mais attention : ces chiffres ne comptent que les plaintes enregistrées ou les faits constatés par les forces de l'ordre.
Pour approcher la réalité, les sociologues utilisent des « enquêtes de victimation ». On interroge un échantillon de personnes pour savoir si elles ont subi des infractions, même celles pour lesquelles elles n'ont pas porté plainte.

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