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Normes, contrôle social et déviance

Ce topic porte sur la distinction entre normes sociales et normes juridiques ainsi que sur les formes de contrôle social (formel et informel). L'élève doit comprendre comment les sanctions (positives ou négatives) assurent la conformité des comportements.

Duree estimee : 20 min

Normes sociales et juridiques : comment la société tient ensemble

Imagine que tu arrives au lycée en pyjama ou que tu grilles un feu rouge devant un policier. Dans les deux cas, tu subiras des conséquences, mais elles seront différentes. C'est là que se joue toute la distinction entre les normes sociales et les normes juridiques.

Une norme est une règle de conduite propre à un groupe ou à une société. On distingue les normes sociales (politesse, coutumes) et les normes juridiques (lois, règlements). Les normes juridiques sont écrites et codifiées, alors que les normes sociales sont souvent implicites.

Schéma simple divisé en deux parties. À gauche, sous le titre Normes Sociales, un dessin d'une personne qui tient la porte à une autre (politesse). À droite, sous le titre Normes Juridiques, un dessin d'un marteau de juge posé sur un livre de loi (code pénal). Fond blanc, style épuré.
Voici une illustration pour visualiser cette distinction.

Pour faire respecter ces règles, la société exerce un contrôle social. C'est l'ensemble des moyens (sanctions) utilisés pour assurer la conformité des comportements. Ces sanctions peuvent être négatives (punitions, amendes) ou positives (récompenses, médailles, félicitations).

Le contrôle social est formel quand il est exercé par des institutions spécialisées (police, justice, école). Il est informel quand il est exercé par l'entourage (famille, amis) via le regard, les moqueries ou l'approbation.
Si tu voles un objet, tu risques une condamnation (contrôle formel). Si tu coupes la parole à tout le monde, tes amis vont t'éviter ou te faire une remarque (contrôle informel).

Déviance et délinquance : ne pas confondre !

Que se passe-t-il quand on transgresse une norme ? On parle de déviance. La déviance est le fait de s'écarter de la norme sociale admise par le groupe.

Ne confonds pas déviance et délinquance. La délinquance est une forme spécifique de déviance : c'est uniquement la transgression d'une norme juridique (la loi), sanctionnée par une peine pénale.
Diagramme d'Euler (cercles inclus les uns dans les autres). Un grand cercle bleu clair étiqueté DÉVIANCE. À l'intérieur de ce grand cercle, un cercle plus petit rouge étiqueté DÉLINQUANCE. Le fond est blanc, le texte est noir et lisible.
Regarde ce schéma pour bien situer les deux concepts.
Toute délinquance est une déviance, mais toute déviance n'est pas forcément de la délinquance.
Un homme qui porte une robe dans la rue peut être jugé déviant (il brise une norme vestimentaire sociale), mais il n'est pas délinquant. En revanche, un excès de vitesse est à la fois déviant et délinquant.

La déviance comme processus social

La déviance n'est pas une qualité intrinsèque de l'acte, mais le résultat d'un jugement. Pour qu'il y ait déviance, il faut qu'un groupe étiquette un comportement comme tel. C'est la théorie de l'étiquetage.

Cet étiquetage peut mener à la stigmatisation : l'individu est réduit à une image négative (le « mauvais élève », le « voyou »). Cela peut l'enfermer dans une carrière déviante : rejeté par les groupes conformes, il finit par fréquenter d'autres déviants et adopter le comportement qu'on lui reproche.

Prenons deux jeunes qui commettent la même infraction. L'un, issu d'une « bonne famille », sera vu comme un simple chahuteur. L'autre, ayant déjà une mauvaise réputation, sera étiqueté délinquant. Ce dernier risque alors de s'enfermer dans ce rôle.
Retiens bien l'analyse du sociologue Howard Becker : ce n'est pas l'acte seul qui crée le déviant, mais la réaction de la société (l'étiquette qu'elle pose) face à cet acte.

Comment mesurer la délinquance ?

Mesurer la délinquance est un défi. On utilise d'abord les statistiques policières et judiciaires (plaintes, condamnations). Mais ces chiffres sont imparfaits car ils ne comptabilisent que ce qui est déclaré.

Le « chiffre noir » de la délinquance est l'écart entre la criminalité réelle (tous les actes commis) et la criminalité enregistrée par les services de police.
Dessin simple d'un iceberg flottant sur l'eau. La partie visible (au-dessus de l'eau) est étiquetée DÉLINQUANCE ENREGISTRÉE. La partie immergée (sous l'eau, beaucoup plus grosse) est étiquetée CHIFFRE NOIR. Fond bleu clair pour l'eau et le ciel.
On compare souvent cela à un iceberg.

Pour mieux estimer le chiffre noir, les sociologues utilisent des enquêtes de victimation. On interroge un échantillon de la population pour savoir s'ils ont subi des infractions, même s'ils n'ont pas porté plainte.

Attention à l'interprétation : une hausse des chiffres de la police ne veut pas toujours dire que la délinquance augmente. Cela peut signifier que les victimes osent davantage porter plainte ou que la police est plus active sur ce terrain.

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