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Le Congrès de Vienne et le principe des nationalités (1815)

Comprendre comment le Congrès de Vienne tente de restaurer l'ordre monarchique en Europe après la chute de l'Empire napoléonien. L'élève doit identifier les principales puissances diplomatiques impliquées et comprendre comment la réorganisation des frontières s'est faite au mépris des aspirations nationales naissantes.

Duree estimee : 20 min

Effacer la Révolution et restaurer les rois

En 1815, après la chute définitive de Napoléon, les monarques européens se réunissent avec un but précis. Ils veulent effacer l'héritage de la Révolution française et restaurer l'ordre politique et territorial qui existait avant ces bouleversements.

Le Congrès de Vienne réunit les puissances victorieuses de Napoléon pour redessiner la carte de l'Europe et restaurer l'ordre monarchique ancien.

Les monarques européens cherchent à retrouver leurs trônes et leur pouvoir absolu. Ils veulent aussi créer un nouvel équilibre européen territorial, pour s'assurer qu'aucune nation ne devienne assez puissante pour dominer les autres comme la France venait de le faire.

Dessin simple vue de dessus : quatre rois portant une couronne en or sont assis autour d'une grande table en bois. Au centre de la table se trouve une carte vierge. Les rois déplacent avec leurs mains des pièces de puzzle géantes représentant des territoires de différentes couleurs. Fond de l'image blanc, aucun autre objet.
Les souverains d'Europe s'assoient à la table des négociations pour se partager le continent.

L'alliance des vainqueurs et Metternich

Pour maintenir ce fragile équilibre, le diplomate autrichien Metternich joue un rôle central. Il est le grand architecte de ce congrès et s'oppose fermement aux idées libérales ou républicaines issues de la Révolution.

Metternich met en place le Concert européen, un système de réunions régulières entre les grandes puissances pour régler les conflits par la diplomatie et éviter la guerre.
Pour garantir cet ordre, la Russie, la Prusse et l'Autriche signent la Sainte-Alliance. C'est un pacte d'assistance mutuelle par lequel ces monarques s'engagent à intervenir militairement pour réprimer toute tentative de révolution populaire en Europe.
Ne confonds pas le Concert européen, qui est une méthode diplomatique de discussion pour éviter les guerres entre Etats, avec la Sainte-Alliance, qui est une union militaire destinée à réprimer par la force les révoltes à l'intérieur des Etats.

Le principe des nationalités ignoré

En redessinant la carte de l'Europe, les diplomates tracent de nouvelles frontières au mépris total des aspirations des peuples. Ils forcent des cultures et des langues différentes à cohabiter sous l'autorité d'un seul souverain.

Le principe des nationalités est l'idée selon laquelle chaque peuple uni par une langue, une histoire ou une culture commune a le droit de former un Etat indépendant.

Cette idée s'oppose directement à la logique du Congrès de Vienne. Les monarques préfèrent en effet préserver leurs vastes empires multiethniques plutôt que d'accorder l'indépendance aux peuples, ce qui diviserait et affaiblirait leurs territoires.

Par exemple, les Polonais se retrouvent divisés et dominés par l'Empire russe, la Prusse et l'Autriche à la suite du congrès. Ils n'ont plus d'Etat à eux, ce qui crée un profond sentiment d'injustice pour ce peuple qui rêve d'indépendance nationale.
Dessin simple de face : de grands ciseaux en métal gris coupent en son milieu une carte de géographie en papier marron clair. Sur le papier de la carte, cinq petits bonhommes allumettes sont dessinés à l'encre noire. Les ciseaux séparent physiquement les bonhommes en deux groupes distincts. Fond blanc uni.
Les frontières sont découpées sans demander l'avis des peuples concernés.

Un ordre fragile face aux idées nouvelles

Même si les monarques pensent avoir définitivement gagné en 1815, l'ordre établi à Vienne est en réalité très précaire. La Révolution française a semé des graines idéologiques qui ont profondément marqué l'esprit des Européens.

Les peuples ont goûté aux idées libérales réclamant des libertés individuelles, la fin de la censure et des constitutions écrites. Ils ont aussi découvert le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, ce qui rend le retour en arrière absolutiste insupportable.

Pour retenir l'essentiel de ce cours, garde en tête l'image d'un lourd couvercle posé de force sur une marmite d'eau bouillante. Le Congrès de Vienne et ses monarques sont le couvercle, tandis que les peuples européens porteurs d'idées nouvelles sont l'eau qui bouillonne.
Malgré la répression de la Sainte-Alliance, les aspirations nationales et libérales survivent clandestinement et préparent le terrain aux futures révoltes en Europe.

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