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Nourrir dix milliards d'humains : sécurité alimentaire et transition agroécologique

Défis de l'alimentation mondiale, sous-nutrition et obésité, opposition agriculture productiviste vs agriculture vivrière/agroécologie, préservation des sols et de l'eau.

Duree estimee : 15 min

Sécurité alimentaire : entre faim, carences et obésité

La planète produit aujourd'hui suffisamment de calories pour nourrir l'ensemble de l'humanité. Pourtant, près de huit cents millions de personnes souffrent encore de la faim au quotidien, révélant un immense problème de répartition des richesses et d'accès aux aliments.

L'ONU définit la sécurité alimentaire comme l'accès régulier pour tous à une nourriture suffisante, saine et nutritive. Il faut distinguer la sous-nutrition (manque quantitatif de calories pour vivre) de la malnutrition, qui regroupe à la fois les carences graves en vitamines et minéraux dans les pays pauvres et le surpoids ou l'obésité liés à la surconsommation de produits ultra-transformés dans les pays riches et émergents.

On parle de transition alimentaire lorsqu'une population qui s'enrichit abandonne une alimentation à base de céréales pour consommer massivement de la viande, des produits laitiers et du sucre, multipliant les maladies cardiovasculaires.
Pour mémoriser la différence : la sous-nutrition est un manque quantitatif d'énergie, tandis que la malnutrition est un déséquilibre qualitatif de l'alimentation.

Illustration en cours de conception

Deux paniers en osier contenant des légumes frais et des fruits sur une table.

Productivisme intensif contre agriculture vivrière

Pour produire notre alimentation, deux modèles agricoles majeurs s'opposent sur la planète. D'un côté, l'agriculture productiviste intensive des grands pays exportateurs (États-Unis, France, Brésil) utilise de vastes parcelles mécanisées, des semences sélectionnées, des engrais chimiques et des pesticides pour maximiser les rendements à l'hectare.

De l'autre côté, l'agriculture vivrière et familiale emploie près d'un tiers de la population active mondiale, principalement en Afrique et en Asie du Sud. Elle repose sur le travail manuel, nourrit directement les familles paysannes et les marchés locaux, mais reste très vulnérable aux aléas climatiques faute d'équipements modernes.

Dans le Mato Grosso au Brésil, des exploitations géantes de soja de plusieurs milliers d'hectares utilisent des moissonneuses-batteuses guidées par satellite pour exporter du bétail vers la Chine et l'Europe.
Attention : l'agriculture productiviste a permis d'éradiquer les grandes famines en Europe, mais elle ne garantit pas la sécurité alimentaire des petits paysans du Sud qui n'ont pas les moyens d'acheter des intrants chimiques coûteux.

Les limites écologiques et la promesse de l'agroécologie

Le modèle productiviste montre aujourd'hui de lourdes limites environnementales : déforestation massive en Amazonie pour créer des pâturages, pollution des nappes phréatiques par les nitrates, érosion des sols fertiles et fortes émissions de méthane dues à l'élevage bovin intensif.

Pour relever le défi de nourrir dix milliards d'humains sans détruire les écosystèmes, de nouvelles pratiques émergent : l'agroécologie. Elle s'appuie sur les cycles naturels, la rotation diversifiée des cultures, la réduction des engrais de synthèse et l'agroforesterie pour préserver la fertilité naturelle de la terre.

L'agriculture durable doit concilier le défi quantitatif de nourrir la planète et le défi écologique de préserver l'eau, les sols et le climat.
Garde à l'esprit que la réduction du gaspillage alimentaire et la diminution de notre consommation de viande sont deux leviers majeurs pour réussir la sécurité alimentaire mondiale.

Les réflexes clés pour maîtriser la sécurité alimentaire

La sécurité alimentaire exige un accès universel à une nourriture saine, face au double fardeau de la sous-nutrition au Sud et de l'obésité au Nord.
L'agriculture mondiale oppose l'agrobusiness productiviste intensif à l'agriculture vivrière familiale qui fait vivre des centaines de millions de paysans.
Face aux dégradations écologiques (sols, eau, climat), l'agroécologie propose une transition vers des systèmes durables et résilients.
Au bac de géographie, n'oublie jamais d'aborder la question alimentaire sous l'angle de la durabilité : produire assez sans épuiser les ressources futures.

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