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Polarité et Miscibilité : La Chimie des Mélanges

Déterminer le caractère polaire ou apolaire d'une entité chimique à partir de l'électronégativité des atomes et en déduire des propriétés de solubilité ou de miscibilité.

Duree estimee : 20 min

1. La polarisation d'une liaison

Imagine un jeu de tir à la corde entre deux atomes. Si l'un des deux est beaucoup plus musclé que l'autre, il va tirer la corde (les électrons de la liaison) vers lui. En chimie, ce « muscle » s'appelle l'électronégativité.

L'électronégativité est la capacité d'un atome à attirer les électrons d'une liaison covalente. Dans le tableau périodique, elle augmente de bas en haut et de gauche à droite. Quand la différence d'électronégativité entre deux atomes liés est importante, la liaison est polarisée.

Schéma simple sur fond blanc. Une molécule H-Cl. L'atome Cl est une sphère verte plus grosse, l'atome H une sphère blanche plus petite. Un nuage électronique entoure la liaison, mais il est beaucoup plus volumineux du côté du Chlore. Une flèche pointe vers le Cl. Le symbole 'delta -' est écrit à côté du Cl et 'delta +' à côté du H.
Regarde cet exemple avec le chlorure d'hydrogène (). Le chlore () est plus électronégatif que l'hydrogène ().

Le chlore attire les électrons et porte une charge partielle négative (). L'hydrogène, déficitaire en électrons, porte une charge partielle positive (). Attention : la liaison ne casse pas, ce ne sont pas des ions entiers, juste des charges partielles.

À retenir : Une liaison est polarisée s'il y a un décalage des charges. C'est très fréquent dans les liaisons impliquant l'oxygène, l'azote, le fluor ou le chlore.

2. Molécule polaire ou apolaire ?

Une molécule contient des liaisons polarisées ? Cela ne suffit pas pour qu'elle soit polaire ! Tout dépend de la répartition de ces liaisons dans l'espace (sa géométrie).

Pour déterminer si une molécule est polaire, tu dois localiser deux points géométriques : le barycentre (centre moyen) des charges positives et le barycentre des charges négatives. Si ces deux points ne sont pas au même endroit, la molécule est polaire.

Prenons l'eau (), molécule coudée. L'oxygène porte les charges négatives. Le centre des charges positives se situe au milieu du segment entre les deux hydrogènes. Les deux centres sont distincts : l'eau est une molécule polaire.
Schéma comparatif sur fond blanc. À gauche : molécule d'eau coudée (forme de V), montrant que les centres + et - sont séparés. À droite : molécule de CO2 linéaire (O=C=O). Le carbone (delta +) est au centre, les oxygènes (delta -) sont aux extrémités. Les centres + et - se superposent exactement au niveau du Carbone.
Comparons cela avec le dioxyde de carbone () qui est une molécule linéaire.
Ne tombe pas dans le piège du ! Ses liaisons sont polaires, mais comme la molécule est linéaire et symétrique, le centre des charges et le centre des charges se superposent. Le est donc apolaire.

3. Cohésion de la matière

C'est grâce aux interactions entre les molécules que les liquides et les solides existent. Sinon, tout serait à l'état gazeux ! Il existe deux types d'interactions intermoléculaires au programme.

Les interactions de Van der Waals sont des forces d'attraction électrostatiques de faible intensité et de courte portée. Elles assurent la cohésion de toutes les molécules (polaires ou apolaires) à l'état liquide et solide.

La liaison hydrogène (ou pont hydrogène) est plus forte. Elle s'établit entre un atome d'hydrogène lié à un atome très électronégatif (, , ) et le doublet non liant d'un autre atome électronégatif.

Illustration en cours de conception

Voici comment les molécules d'eau se lient entre elles, ce qui explique pourquoi l'eau bout à 100°C (température élevée pour une si petite molécule).

Bilan : Van der Waals est toujours présent, mais la liaison hydrogène est une force supplémentaire très structurante.

4. Miscibilité et Solubilité

Règle d'or : « Qui se ressemble s'assemble ». Un solvant polaire dissout les espèces polaires ou ioniques. Un solvant apolaire dissout les espèces apolaires.
L'eau (polaire) et l'huile (apolaire) sont non miscibles. L'eau reste liée à elle-même par des liaisons hydrogène et repousse les chaînes carbonées de l'huile qui ne peuvent pas former ces liens forts.

C'est le principe de l'extraction liquide-liquide. Pour extraire une espèce chimique dissoute dans l'eau, on choisit un solvant organique qui ne se mélange pas à l'eau (non miscible) et dans lequel l'espèce est très soluble.

Dessin technique d'une ampoule à décanter en verre conique. Deux phases liquides sont superposées avec une interface nette. La phase inférieure est bleue (aqueuse), la phase supérieure est jaunâtre (organique). Le robinet est en bas.
On réalise cette opération dans une ampoule à décanter, où les deux phases se séparent par densité.

5. Les propriétés des savons

Comment laver du gras (apolaire) avec de l'eau (polaire) ? On utilise un surfactant comme le savon. Ses molécules sont amphiphiles : elles ont une double affinité.

Une molécule de savon possède une longue chaîne carbonée lipophile (qui aime le gras) et hydrophobe, et une tête ionique hydrophile (qui aime l'eau).

Dans l'eau, ces molécules s'organisent en micelles : les queues lipophiles se plantent dans la graisse pour la détacher, tandis que les têtes hydrophiles restent tournées vers l'eau, permettant d'évacuer le tout au rinçage.

Schéma en coupe. Au centre, une tache jaune (graisse). Autour, des molécules de savon disposées en rayon. Les queues en zigzag (chaînes carbonées) sont plantées dans le jaune. Les têtes rondes chargées (négatives) sont à l'extérieur, en contact avec l'eau bleue.
Voici la structure d'une micelle emprisonnant une salissure grasse.

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